L’ombre du vent – Carlos Ruiz Zafon

« Ce roman est un puzzle dont toutes les pièces s’imbriquent parfaitement »


Je me suis longtemps demandée quel titre donner aux billets.. Finalement je pense que le titre et l’auteur, même si ce n’est pas original, sera plus simple, pour retrouver les billets dans les archives ou pour simplement savoir de quoi on parle sans avoir besoin de lire la moitié du nouveau testament avant de trouver les références.

Je vous parlerai d’un livre que j’ai découvert récemment, au fil d’une de mes moissons habituelles chez mon dealer de bouquins préféré. En fait non. A vrai dire j’avais eu au moment de sa sortie en grand format, un petit livre relié comportant les premiers chapitres. J’étais à l’époque professeur de Français Langue Etrangère, et je m’étais dit que ça pouvait être un bon matériel pour des exercies, et puis finalement je ne m’en étais pas servie, et le livret est resté dans un tirroir..

Ce livret m’a toujours attirée, mais sans que je ne me l’explique, je n’en ai jamais lu la moindre page.. Jusqu’à ce que je tombe sur sa version poche au milieu des autres. Le livre était dans un état un peu pitoyable, il n’y manquait pas de pages, mais la tranche était cassée, la couverture pliée, on voyait bien qu’il avait été lu, même annoté à certains endroits, je me suis dit qu’il valait surement la peine d’être lu à mon tour. Et hop, sur la pile !

Le livre 

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Aux éditions du Livre de Poche, 636 pages, environ 8€ en librairie, à partir de 0.15c (et 3€ de frais de port) sur Amazon Market Place

« Dans la Barcelone de l’après-guerre civile,  » ville des prodiges  »  » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y  » adopter  » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets enterrés dans l’âme de la ville »


Il est de ces livres, après lesquels une petite pause est nécessaire avant de se plonger dans un autre. Des livres qui nous emmènent tellement loin dans leur univers, dans leur histoire qu’il nous faut du temps pour nous en remettre. L’ombre du vent à été un de ceux là pour moi. Vraiment.

Je l’ai transporté avec moi pendant des jours et des jours saisissant la moindre occasion de lire quelques pages, dans le tram, dans les toilettes (oui je suis une grande lectrice de pipi room), avec cette envie de s’y plonger à fond, et en même temps de ralentir la cadence pour qu’il ne soit pas déjà fini.

Certaines critiques, que j’ai pu lire avant d’ouvrir le livre, parlent d’un livre melant le polar au fantastique, et je ne pense pas que ce soit véritablement lui rendre justice que de le ranger dans ces catégories. Oui il y a du suspens comme on peut en trouver dans un polar, oui il y a du fantastique mais comme un voile de fumée, on a jamais les deux pieds dedans, sans révéler les tournants de l’histoire, le fantastique serait celui des fantasmes plutot que celui des fantomes. Ce livre est surtout un roman d’aventure, haletant, extraordinaire, qui n’emène pas les personnages dans des quêtes autour du monde, mais qui nous montre que les plus grandes aventures qu’on peut vivre sont parfois au coin de la rue.

J’ai beaucoup aimé voir grandir Daniel, depuis ses dix ans au début du roman, même si j’ai parfois eu du mal à comprendre certains bonds en avant dans le temps. Disons que l’impression générale est que l’action se passe sur quelques jours, une semaine, même pas un mois, alors qu’elle se déroule en fait sur une bonne vingtaine d’années.

Ce livre ne raconte pas une seule histoire sur 600 pages, mais plusieurs histoires qui s’enchevêtrent  et se croisent, se recoupent pour finalement faire jaillir la lumière, sur les événements, les personnages et sur l’ambiance générale de l’Espagne franquistes et la guerre civile.

Cette Espagne là, est même, à mon sens un personnage à part entière. Elle est partie prenante de l’histoire, ce cette histoire, de ces personnages, et ce livre n’aurait probablement pas eu tant de pouvoir s’il avait été posé ailleurs.

Ce livre m’a beaucoup marqué, encore aujourd’hui plus d’une semaine après l’avoir fini, j’y reste accrochée, je viens de le racheter dans une version « neuve » pour en faire un cadeau. C’est le genre de livre qui s’offre, comme un bijou, une petite perle dans l’océan des livres.

Ce livre ne ressemble à aucun autre, il est très difficile de le décrire.. il vous englobe dans un nuage de mystère, c’est comme ça que j’imagine le livre, dans un brouillard de mystère. Impression d’ailleurs très bien rendue par la couverture. C’est mystérieux sans être sombre, fantastique sans être irréaliste, romantique sans être roman de gare, le juste mélange de tout ce qui fait un bon roman. Même les histoires d’amour, et le parcours du personnage principal dans son cheminement vers l’âge adulte ne détonne pas. Ce roman est un puzzle dont toutes les pièces s’imbriquent parfaitement.

Un dernier coup de chapeau au traducteur, bien que ne l’ayant pas lu en version originale pour comparer, retranscrit à merveille l’atmosphère et l’ambiance du récit ! Il n’est rien de pire qu’un roman mal traduit. (Je vous parlerai un jour de « Girl » de Mike Gayle..)

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5 réflexions sur “L’ombre du vent – Carlos Ruiz Zafon

  1. Pingback: Moisson du 23 mai | La croqueuse de livres

  2. J’avais adoré ce livre ! Je me suis d’ailleurs précipité sur les autres romans de l’auteur qui, s’ils ne sont pas mal, ne sont quand même pas à la hauteur de celui-ci.

    • Ah merci du feedback sur les autres romans de Carlos Ruiz Zafon, je me tatais à les acheter aussi un de ces jours, pour retrouver l’ambiance de l’ombre du vent.. Mais si tu dis qu’il sont bien sans plus, je ne vais pas me presser ^^
      Tu as lu quoi de lui ?

      • Le jeu de l’ange et Marina. Tu y retrouves l’ambiance quand même, donc ils te plairont je pense. Ce sont les histoires que j’ai trouvé un peu en dessous, mais c’est un avis tout personnel 🙂

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